Oicha : Les chefs de base en première ligne de la riposte contre la maladie à virus Ebola

 

La ville d'Oïcha passe à l'offensive contre Ebola. Ce jeudi 17 septembre 2026, tous les chefs de base sont en formation intensive à la Mairie.

L'initiative est du Comité de Pilotage COPI-RDC avec la Zone de Santé d'Oïcha. Objectif : transformer chaque chef de 10 maisons, chef de quartier et leader communautaire en acteur de la riposte.

C'est le Maire adjoint Kahindo Kalumba Emmanuel qui a donné le go de la formation devant une salle comble.

Oïcha dans la carte rouge d'Ebola

Oïcha ne peut plus rester spectatrice. La Zone de Santé est déjà touchée.

Au 9 septembre 2026, le Nord-Kivu comptait 1.068 cas confirmés et 723 décès (68% de létalité) dans 16 zones de santé. Oïcha fait partie des zones affectées avec 9 cas.

À l'échelle nationale, on parle de 7.200 cas confirmés et 3.475 décès dans 7 provinces. C'est la 17ème épidémie de l'histoire de la RDC, causée par la souche Bundibugyo.

La leçon de 2018-2020 est encore fraîche. Cette épidémie qui avait commencé à Mangina, à côté d'Oïcha, avait tué plus de 2.200 personnes.

Ce que les chefs de base ont appris ce jeudi

La formation de 3 heures est très pratique. Pas de long discours. 5 thèmes concrets :

1. C'est quoi Ebola vraiment ?
On a démonté les rumeurs. Ebola n'est pas un poison, n'est pas une affaire politique. C'est un virus qui vient de l'animal et qui tue.

2. Comment on l'attrape ?
Par le sang, les vomissements, la diarrhée, la salive, le contact avec un corps décédé d'Ebola. Pas par l'air. Les enterrements dignes et sécurisés sont vitaux.

3. Que faire devant un cas suspect ?
Ne pas toucher. Ne pas cacher. Appeler immédiatement l'équipe de la Zone de Santé. Le suivi des contacts est aujourd'hui à 88% au niveau national. Chaque contact perdu est une nouvelle chaîne de contamination.

4. Est-ce que ça se guérit ?
OUI. La preuve vient d'Oïcha même. Le 11 septembre, Kahindo Furaha, 59 ans, est sortie guérie du CTE de l'Hôpital Général d'Oïcha après 25 jours. Le traitement précoce sauve.

5. Comment parler à la population ?
C'est le module le plus important : communication de risque. Comment convaincre sans menacer. Comment lutter contre le vandalisme des maisons décontaminées, comme on l'a vu à Beni récemment.

L'animation est assurée par deux hommes de terrain :

- Kule Kyusa, Infirmier Superviseur Soins Préventifs, Zone de Santé d'Oïcha

- Richard Maha, Agent Communautaire, Zone de Santé d'Oïcha

La signature qui change tout

À la fin de la journée, chaque participant signe un Acte d'Engagement Communautaire.

Ce n'est pas un simple papier. C'est un contrat moral devant la population d'Oïcha. Ils s'engagent à sensibiliser porte-à-porte, à dénoncer les cas suspects et à protéger le personnel de santé.

À Oïcha, la riposte ne se fera plus sans les chefs de base.

La riposte contre Ebola est une affaire de tous. Si les chefs de base sont impliqués, la communauté va suivre.

Wanzire Shukurani

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