Gratuité de l'enseignement : À Komanda, les enfants étudient gratuitement sous l'arbre avec une seule lunette de toilettes
Pas de murs. Pas de tableaux dignes. Pas de manuels. Et surtout, une seule porte de toilette pour toute une école publique.
C'est l'enfer quotidien des écoliers de Nyambale à Komanda. Des enfants de 6 à 12 ans, assis sur des troncs d'arbre taillés en bancs, qui apprennent à lire sous les manguiers.
"Quand il pleut, l'école n'existe plus"
Le témoignage de la directrice Justine Androsi, recueilli ce vendredi 17 septembre par Ebeneza FM, fait froid dans le dos :
« Nous utilisons une porte de toilettes. Une seule. Pour tous les élèves et les enseignants. Il n'y a pas de manuels pour les enseignants. En cas de pluie, on est obligé d'arrêter les cours.»
Une porte. Pas une latrine. Une porte posée là, comme symbole de l'abandon.
À l'EP Nyambale, l'éducation est à ciel ouvert. S'il fait beau, on étudie. S'il pleut, on rentre à la maison. L'avenir d'une génération dépend de la météo.
À 50 km d'Ebola, une catastrophe hygiénique
Et le pire ? Cette école se trouve sur l'axe Komanda - Mambasa.
À Mambasa, on vient de confirmer 3 nouveaux cas d'Ebola après 32 jours de calme, dont 2 morts. À Mandima à côté, 35 enfants et adultes sont déjà morts d'Ebola depuis juin.
Le Ministère de la Santé répète : "Lavez-vous les mains, utilisez des latrines hygiéniques".
Mais comment laver les mains quand il n'y a pas d'eau à l'école ? Comment éviter les maladies quand 80 élèves partagent la même porte de toilette ?
Gratuité oui, mais avec quoi ?
Le gouvernement a décrété la gratuité de l'enseignement primaire. C'est une bonne chose. Mais à Nyambale, la gratuité ressemble à ça : des enfants gratuits sous un arbre gratuit.
L'appel :
La directrice Justine Androsi ne demande pas la lune. Elle demande :
1. 3 salles de classe en dur
2. Des latrines décentes séparées filles/garçons
3. Des manuels scolaires pour que les enseignants puissent enseigner
Un message direct à la Province Éducationnelle Ituri 3, à l'UNICEF et à tous les partenaires humanitaires présents à Komanda.
L'éducation ne peut pas attendre la fin d'Ebola. Elle est la première barrière contre Ebola.
Justin KAZUNGU

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