OICHA : Alerte à l'abattoir public - 69,1% des femelles abattues sont gravides, une menace pour l'élevage (Mémoire de l'étudiant Kasereka Sikiri Ibrahim de l' UNIO)
C'est un cri d'alarme pour la sécurité alimentaire et la durabilité de l'élevage à Oicha. Un mémoire de fin de cycle défendu à l'Université d'Oicha (UNIO) révèle un taux extrêmement élevé d'abattage des femelles gravides à l'abattoir public de la ville.Le travail est l'œuvre de KASEREKA SIKRI Ibrahim, étudiant en Faculté de Médecine Vétérinaire, Niveau A1 Système LMD. Son sujet : Taux d'abattage des femelles gravides à l'abattoir public d'Oicha : Conséquence socio-économiques et implication pour la durabilité de l'élevage .
La problématique
L'étudiant s'est posé trois questions essentielles :
Q1 : Y a-t-il des animaux femelles gravides abattus à l'abattoir public d'Oicha ?
Q2 : Quelle est la cause de l'abattage de ces femelles gestantes ?
Q3 : Quel est l'impact socio-économique de cet abattage ?
Son objectif était d'évaluer ce taux et d'analyser ses conséquences pour la durabilité de l'élevage. L'étude a été menée de janvier à mai 2026 à l'abattoir public de la Ville d'Oicha.
Les chiffres qui font peur : 69,1% de femelles gravides abattues
L'enquête est sans appel. Sur 1628 femelles abattues durant la période d'étude, 1125 étaient gravides, soit un taux global de 69,1%.
Le détail par espèce :
Espèces Femelles Abattues Femelles Gravides Abattues Taux
Bovins 778 550 70,7%, Chèvres & Brebis 200 145 72,5%
Porcs 650 430 66,2%
> L'abattage des femelles gravides à l'abattoir public de la ville d'Oicha reste un défi majeur, un grand problème socio-économique mais aussi sanitaire selon le taux que nous avons retrouvé a- t-il amèrement déclaré. Il y a un taux qui est très haut et c'est très alarmant", conclut le lauréat.
En Tanzanie, une étude similaire avait montré 29% de vaches gestantes abattues, avec 655 pertes importantes. À Oicha, on est à plus du double.
Les recommandations du lauréat
Pour sauver le cheptel d'Oicha, KASEREKA SIKRI Ibrahim recommande :
1. Aux éleveurs : De ne plus vendre les animaux femelles gravides dans le but d'abattage.
2. Au Gouvernement : D'interdire l'abattage des femelles gravides pour lutter contre l'insécurité alimentaire.
3. À la communauté internationale : D'apporter un appui technique et institutionnel pour réduire l'abattage, améliorer le contrôle vétérinaire et la sensibilisation des éleveurs.
4. Aux vétérinaires : De procéder systématiquement aux examens ante-mortem pour détecter les femelles gravides et limiter leur abattage.
5. Aux bouchers : De sensibiliser les commerçants de viandes à éviter l'abattage des femelles gestantes et à privilégier leur maintien afin de préserver le potentiel reproducteur.
Un travail qui interpelle directement les autorités et qui montre que sans protection des femelles reproductrices, l'élevage à Oicha est condamné à disparaître.
Wanzire Shukurani
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