Mambasa : Journée "ville morte" et appel à l’incivisme fiscal ce mercredi 12 août 2026
La société civile du territoire de Mambasa, en Ituri, durcit le ton face à l’insécurité. Une journée ville morte est décrétée pour ce mercredi 12 août 2026, accompagnée d’un mot d’ordre de non-paiement des taxes.
Réunies en Assemblée générale extraordinaire le dimanche 9 août 2026, les différentes composantes de la société civile de Mambasa ont pris une décision forte de paralyser toutes les activités économiques et administratives pendant 24h.
Objectif : dénoncer la persistance de l’insécurité dans le territoire et rendre hommage aux victimes des récentes attaques attribuées aux ADF.
Dans un communiqué rendu public à l’issue de la rencontre, la société civile appelle l’ensemble de la population de Mambasa à rester à domicile toute la journée du mercredi, Suspendre les activités commerciales, scolaires et administratives, observer un deuil en mémoire des personnes tuées
Au-delà de la ville morte, les forces vives vont plus loin. Elles lancent un appel au non-paiement des taxes et autres obligations fiscales jusqu’à nouvel ordre.
Pour la société civile, c’est un moyen de pression direct sur le gouvernement et les services de sécurité afin qu’ils prennent des mesures concrètes pour sécuriser la population.
Interrogée sur cette décision, Marie-Noëlle Anotane, coordonnatrice de la Société Civile du Congo, section de Mambasa, a expliqué les raisons de cette mobilisation :
La population vit dans la peur au quotidien. Les massacres se répètent et les promesses des autorités ne suffisent plus. Aujourd’hui nous disons stop. Nous honorons nos morts et nous exigeons la sécurité comme un droit.
Elle interpelle directement les autorités provinciales, nationales ainsi que les services de sécurité et de défense. Pour elle, il est urgent de renforcer la présence des FARDC et de mettre fin à la libre circulation des groupes armés dans la région.
Mambasa, carrefour économique entre l’Ituri et le Nord-Kivu, risque de tourner au ralenti ce mercredi. Marchés fermés, écoles et bureaux vides : l’action veut être visible et entendue jusqu’à Kinshasa.
Reste à voir si ce message sera suivi d’effets. En attendant, la société civile promet de rester mobilisée tant que la paix ne reviendra pas.
Wanzire Shukurani

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