Oicha: La Peinture, un Métier Digne, affaires des filles aussi : Le Parcours de la Jeune Fille Grace Isongora dans un Secteur Majoritairement Masculin

Dans de nombreux secteurs techniques, la présence féminine reste encore minoritaire. La peinture en bâtiment en est un exemple frappant. Pourtant, de plus en plus de jeunes femmes choisissent ce métier par vocation et non par contrainte. 

Cet article s’appuie sur le témoignage d’une peintre en formation qui exerce son métier avec fierté, autonomie financière et détermination. Son parcours illustre trois réalités essentielles : le choix personnel, la capacité des femmes à s’imposer dans des environnements masculins, et l’impact socio-économique d’un travail manuel qualifié dès le jeune âge. 

Loin des idées reçues, cette jeune professionnelle insiste : elle n’exerce pas la peinture “sous influence” ni sous la menace. Elle a fait ce choix elle-même.

1. L’autodétermination: Le métier est une décision personnelle, prise en conscience.

2.  La fierté professionnelle : Elle revendique la peinture comme un métier “digne”, qui mérite le respect.

3.  Une motivation intrinsèque: Au-delà de l’aspect financier, c’est l’amour du travail bien fait qui prime.

Cette posture déconstruit le stéréotype selon lequel les métiers manuels seraient des “recours par défaut”. Ici, il s’agit d’un engagement.

2. Une Femme parmi les Hommes : Compétence, Respect et Légitimité 

Travailler dans une équipe majoritairement composée d’hommes représente un défi. Le témoignage montre comment cette barrière est surmontée par les faits.

1.  L’égalité des capacités : “Les filles sont capables, elles sont aimables”. La compétence n’a pas de genre.

2. La preuve par le travail: Dès son premier jour, elle a perçu 10 dollars. Le résultat parle plus que les préjugés.

3.  Un modèle pour les autres : Sa présence vise à encourager d’autres filles à intégrer la filière sans crainte d’être minoritaires.

Ce parcours contribue à normaliser la place des femmes dans les métiers techniques et artisanaux, et à changer le regard des pairs masculins.

3. L’Impact Socio-Économique : Autonomie et Protection

Au-delà de la technique, la peinture a un rôle social concret dans la vie de cette jeune femme.

Deux bénéfices majeurs identifiés :

1. L’autonomie financière : Les revenus générés lui évitent de dépendre financièrement des garçons ou de son entourage. “Je n’ai pas besoin de demander de l’argent aux garçons”.

2. L’occupation constructive : Travailler pendant les vacances scolaires l’éloigne de certains risques associés à l’oisiveté à la maison. Le travail devient un cadre structurant et protecteur.

En parallèle de son activité, elle poursuit ses études à l’institut Kalemire Beni. Cette double casquette “études + métier” renforce son projet d’avenir.

Ce témoignage rappelle une vérité simple : la valeur d’un métier ne se mesure pas au nombre de femmes ou d’hommes qui l’exercent, mais à la qualité de l’engagement de ceux qui le pratiquent.

La peinture, perçue parfois comme un travail de force, se révèle être aussi un levier d’émancipation, de dignité et d’indépendance pour les jeunes filles. 

En mettant en avant des parcours comme celui-ci, on ouvre la voie à une plus grande mixité dans les filières techniques et on valorise des compétences essentielles pour le développement.


Wanzire Shukurani

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