Nyakunde : Tensions à l’Hôpital Général après des échauffourées. La société civile s’indigne, les FARDC appellent au calme


L’Hôpital Général de Référence de Nyakunde, dans le territoire d’Irumu en Ituri, a été attaqué dans la nuit de mercredi à jeudi par une population en colère. Les échauffourées ont causé des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels. À l’origine, une incompréhension autour de la prise en charge d’une femme enceinte dans le contexte de l’épidémie d’Ebola.

Selon les informations recueillies sur place, une femme enceinte souffrant d’anémie a été admise au centre. Après diagnostic, les médecins ont recommandé une intervention chirurgicale nécessitant une transfusion.

En raison des mesures sanitaires en vigueur liées à l’épidémie d’Ebola, les prélèvements sanguins sont temporairement interdits au niveau local. 
Ne comprenant pas cette restriction, les membres de la famille de la patiente se sont en pris au personnel soignant. La situation a dégénéré et l’hôpital a été pris pour cible.

Société civile : "Une structure sanitaire est inviolable"
La Coordination de la société civile de l’Ituri condamne fermement ces violences. Par la voix de son coordonnateur Dieudonné Lossa,  elle déplore la mort de civils ainsi que celle de plusieurs membres d’une milice locale, dont des leaders, tués à Masia.

"Nous appelons toutes les parties à l’apaisement et au respect des structures de santé", a déclaré Dieudonné Lossa.

L’APDEF alerte : risque de propagation d’Ebola
Réagissant à cet incident, Christophe Munyanderu, coordonnateur de l’Association pour la Promotion des Droits des Enfants et des Femmes Vulnérables, APDEF, exprime une vive inquiétude.

Dans une interview accordée à notre rédaction ce jeudi, il craint que cette attaque ne favorise la propagation de la maladie à virus Ebola. 
"Certains malades se seraient évadés du centre de traitement pour se cacher dans la communauté, tandis que plusieurs membres du personnel soignant ont pris la fuite par crainte pour leur sécurité", alerte-t-il.

Il lance un appel urgent aux autorités pour "rétablir le calme, sécuriser les structures sanitaires et garantir la continuité de la prise en charge des malades".

Les FARDC : "Aucune opération contre les milices locales n’a été ordonnée"
De son côté, le Secteur Opérationnel des FARDC en Ituri a réagi dans un communiqué publié ce jeudi 16 juillet. L’armée tient à préciser qu’aucun ordre offensif contre les milices locales n’a été donné, ni par le Commandement des opérations, ni par le Gouverneur militaire.

Selon les FARDC, les opérations en cours de planification visent exclusivement les groupes terroristes étrangers, notamment les ADF
Le Gouverneur militaire appelle la population à "garder son calme et sa sérénité" et assure que "la situation est sous contrôle".

Il exhorte chacun à "s’abstenir de tout comportement nuisible à la cohésion sociale".

Ituri : un système de santé sous pression
Cet incident survient alors que la province enregistre des progrès sécuritaires et sanitaires. Mais il montre à quel point le système reste fragile, coincé entre tensions intercommunautaires, présence de groupes armés et contraintes liées à Ebola.

Les autorités militaires réaffirment leur engagement pour un "retour définitif à la paix" dans la province.

Augustin Kiti

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