Mangina : 10 civils tués dans une nouvelle attaque attribuée aux ADF au quartier Makukulu un bilan encore provisoire
La commune de Mangina, dans le territoire de Beni, a encore été endeuillée. Dans la nuit du mercredi 15 au jeudi 16 juillet, des présumés rebelles ADF ont mené une incursion au quartier Makukulu, bloc Ntobili. Le bilan provisoire fait état de 10 personnes tuées.
Cette attaque survient à peine 24h après une autre incursion. Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 juillet, les assaillants avaient ciblé les quartiers Kalunga et Home. Bilan : 4 morts, 6 blessés et plusieurs dégâts matériels.
Jointes sur place, plusieurs sources locales dénoncent la recrudescence des attaques malgré les alertes lancées à l’avance.
"Nous avions signalé des mouvements suspects, mais il n’y a pas eu de suivi. Aujourd’hui nous enterrons nos frères", confie un habitant de Makukulu sous couvert d’anonymat.
La société civile de Mangina appelle les autorités à "une implication plus ferme" pour protéger les habitants, déjà longtemps confrontés à l’insécurité dans cette partie du Nord-Kivu.
Ces attaques s’inscrivent dans une série d’incursions attribuées aux ADF dans le territoire de Beni depuis le début du mois de mai. Des localités comme Beu-Manyama, sur l'axe routier Mbau Kamango, Matiba, Ngadi, Sayo, Matembo, Mbutaba, et Babila-Bakaiku ont également été touchées, faisant plusieurs morts et déplacés. La ville d'Oicha n'est pas du reste pour l'activisme ADF.
Selon des organisations de défense des droits humains, le groupe ADF est responsable du plus grand nombre de meurtres de civils en RDC en 2024. L’ONU a aussi condamné en août 2025 des attaques similaires à Beni et Lubero qui avaient coûté la vie à au moins des centaines de civils.
L’opération militaire conjointe FARDC-UPDF "Shujaa", lancée fin 2021, ne semble pas avoir réduit la violence contre les populations civiles dans le Nord-Kivu et l’Ituri.
Face à la psychose, les chefs locaux et la société civile demandent aux habitants de signaler tout mouvement suspect et d’éviter les déplacements nocturnes. Les activités socioéconomiques, notamment l’agriculture dans les zones de Makusa, Mapimbi et Tokotoko, tournent au ralenti.
Pour l’instant, aucune réaction officielle des autorités militaires n’a été enregistrée après l’attaque du 16 juillet. Les forces conjointes FARDC-UPDF affirment cependant poursuivre les assaillants dans la brousse.
Wanzire Shukurani

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