*Oicha: Les finalistes immortalisent leur moment avant de dire adieu au bleu blanc dans une séance photo*
Oicha, ce matin tu n’étais plus juste une ville.
Tu étais une mère qui regardait partir ses enfants.
Le bleu blanc flottait partout. Pas comme un uniforme qu’on enlève, mais comme une peau qu’on n’oublie jamais. Pendant des années, ces deux couleurs ont compté nos chutes et nos victoires. Le bleu a essuyé nos fatigues. Le blanc a gardé la trace de nos efforts, même quand l’encre bavait sous la pression.
La session 2026 est finie.
Le dernier sujet est plié, la dernière copie remise. Et maintenant ? Maintenant il y a ce vide étrange. Celui qu’on ne comprend que quand on a tout donné. Finir l’Examen d’État, c’est gagner une bataille… et accepter de quitter le champ.
On s’est regardés, nous les finalistes.
On n’avait plus le visage de la 7ème, timide et perdu. On portait celui de ceux qui ont tenu. On a pleuré ensemble avant les examens, on a tremblé devant les mêmes tableaux, on a partagé le même pain à la récré. On s’est jugés, on s’est relevés, on s’est pardonnés.
Et aujourd’hui on prend des photos.
Pas pour montrer qu’on a fini. Pour retenir qu’on a existé ensemble. Épaule contre épaule, même taille sous le même bleu blanc. Demain la vie va nous séparer : certains iront chercher l’université à Goma, d’autres resteront ici faire grandir Oicha, d’autres encore partiront loin. Demain on aura des titres différents. Mais aujourd’hui, devant l’objectif, on n’a qu’un seul titre : Frères et Sœurs de la même cour.
Dire au revoir fait mal.
Mal, parce que cette salle de classe ne nous reconnaîtra plus. Mal, parce que la voix du prof qui criait "taisez-vous" va nous manquer.
Doux, parce qu’on part avec la certitude qu’on n’était pas seuls. La peine était partagée, donc plus légère. La joie était partagée, donc plus grande.
Alors on sourit. On lève les mains. On jette les chapeaux vers le ciel d’Oicha.
Dans ce geste, il y a nos remerciements aux parents qui ont cru quand on doutait. Il y a le respect pour les enseignants qui ont sculpté nos esprits à force de patience. Il y a l’amour pour ces amis qui sont devenus famille.
Bleu blanc, sois fier de nous.
Tu nous as vus arriver petits. Tu nous laisses partir debout.
Garde notre empreinte sur les bancs, dans la poussière de la cour, dans l’écho de nos rires.
Oicha, nous partons.
Mais nous promettons de revenir. Plus forts. Pour construire, pour enseigner, pour rendre à cette terre ce qu’elle nous a donné : l’espoir.
Finalistes 2026 : on se sépare, mais nos chemins se souviendront toujours de ce point de départ.
Ici. Ensemble. Bleu blanc. Pour toujours.
Wanzire Shukurani

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