*Mambasa : 24 attaques ADF font 131 morts en 3 semaines seulement, la chefferie de Babila Babombi sous le choc*
Le silence des villages de Bangole et Babila Teturi est plus lourd que les armes. En trois semaines, la chefferie de Babila Babombi, dans le territoire de Mambasa, a enregistré 24 attaques attribuées aux rebelles ADF-NALU. Le bilan est sans appel : 131 personnes tuées, 26 portées disparues.
L’Association des Personnes Défavorisées et Enfants en Difficulté de Mambasa, APDEF, a rendu public ce constat ce jeudi. Derrière les chiffres, des familles entières effacées, des maisons parties en fumée, des champs abandonnés.
« 27 maisons réduites en cendres, 11 motos brûlées, des biens pillés. Plusieurs villages sont vidés. Des familles sont devenues orphelines, d’autres n’ont plus d’abri », écrit Ram’s Malikidogo, coordinateur territorial de l’APDEF Mambasa.
Bangole et Babila Teturi ne sont pas choisis au hasard. Ces deux groupements bordent la route nationale 4, axe vital entre Beni et Komanda. En s’attaquant à cette zone, les ADF coupent le ravitaillement, asphyxient l’économie locale et installent la peur.
Les rescapés décrivent des assauts nocturnes, des tueries à l’arme blanche, des fuites précipitées dans la brousse. Des enfants ont vu leurs parents abattus sans pouvoir intervenir. Le traumatisme reste sur place, même quand les gens partent.
Face à l’ampleur du carnage, l’APDEF Mambasa liste six demandes urgentes :
1. *Intensifier la traque des ADF* par la coalition FARDC-UPDF pour sécuriser la population.
2. *Déployer une aide humanitaire immédiate* aux déplacés, livrés à eux-mêmes.
3. *Ouvrir une enquête indépendante* pour identifier et juger les auteurs et leurs complices.
4. *Prendre en charge psychologiquement* les enfants témoins des massacres.
5. *Indemniser les victimes* de pillage et d’incendie, le gouvernement ayant failli à son devoir de protection.
6. *Délivrer des certificats de décès et d’inhumation* aux familles, condition essentielle pour toute action judiciaire future.
131 morts en 21 jours dans une seule chefferie. Selon les données du Kivu Security Tracker et de MONUSCO, c’est plus que le nombre de civils tués en moyenne chaque mois dans toute la province de l’Ituri en 2025.
La chefferie de Babila Babombi rejoint ainsi la longue liste des zones oubliées du triangle de la mort Beni-Mambasa-Irumu. Ici, la guerre ne fait pas de bruit médiatique, mais elle creuse des tombes tous les jours.
Tant que la réponse restera défensive et fragmentée, les villages continueront de se vider, un massacre après l’autre.
*Wanzire Shukurani*

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