*ITURI : LA MONUSCO forme les leaders pour mieux protéger les civils*

La MONUSCO renforce les mécanismes communautaires de protection des civils face à la recrudescence des attaques des groupes armés en Ituri. 

Du 12 au 13 mai, des dizaines de leaders communautaires et chefs coutumiers ont été formés simultanément à Mambasa-centre, Gina et Risasi. Les sessions étaient organisées par la Section des Affaires civiles de la MONUSCO, en collaboration avec l’Inspection provinciale de la Territoriale et la Protection civil  

L’objectif principal est d’améliorer le système d’alerte précoce afin que les forces de sécurité interviennent plus rapidement. 

« Le territoire de Mambasa reste une priorité. Les attaques des ADF y ont causé plus d’une centaine de morts en un mois. Ces formations visent à renforcer les mécanismes locaux d’alerte pour prévenir les attaques et protéger les populations », explique Sado Bahemuka, de la Section des Affaires civiles de la MONUSCO à Bunia.

Au total, 40 leaders locaux, dont 12 femmes, ont été formés à Mambasa sur la gestion, la vérification et le partage rapide des alertes sécuritaires. À Djugu, 30 leaders d’opinion, dont 9 femmes, ont suivi la même formation et ont actualisé leurs plans locaux de protection.  

Les échanges ont mis en évidence un défi majeur : la faible collaboration entre les comités de protection et la population, une faille exploitée par les groupes armés.

« Cette formation nous a appris comment donner l’alerte en cas de danger. Mais nous avons aussi dit des vérités aux autorités. Certaines attitudes découragent la population : appels non répondus, contacts difficiles à obtenir. Nous espérons une meilleure collaboration », témoigne Omba Hemeni, président du Conseil territorial de la jeunesse de Mambasa.

Malgré l’engagement des participants, le manque de réseau téléphonique reste un frein. Dans certaines zones, il faut 2 à 3 jours pour transmettre une alerte.

« L’amélioration des infrastructures de communication et l’état des routes sont essentiels pour assurer une meilleure protection des civils », souligne Mugeni Yuma Imurani, coordonnateur territorial de la société civile.

Les participants se sont engagés à renforcer la coopération entre communautés et services de sécurité. La MONUSCO prévoit d’étendre ces formations à Komanda, Fataki, Drodro et d’autres localités dans les prochains jours. Plus de 300 acteurs locaux de protection sont attendus.

Les récentes attaques ont fait des dizaines de morts à Djugu et plus de 130 victimes à Mambasa, rappelant l’urgence de renforcer ces dispositifs.


Wanzire Shukurani 

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