*Ebola au Nord-Kivu : Oicha confirme son tout premier cas, la riposte s’intensifie*
La zone de santé d’Oicha, située dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, entre officiellement dans la carte des zones touchées par la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo.
Le Dr Kasereka Nzala Essai, médecin directeur de l’Hôpital Général de Référence d’Oicha, a confirmé ce mardi à la presse qu’un des quatre premiers échantillons prélevés dans la zone a été testé positif par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) à Kinshasa. Les trois autres échantillons sont revenus négatifs.
« Ce résultat confirme la circulation du virus dans notre zone. Vu la dangerosité que présente cette maladie, seul le respect des mesures barrières peut limiter sa propagation », a déclaré le médecin directeur.
Déclarée le 15 mai 2026 par le ministère de la Santé, la 17ᵉ épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. Au 19 mai, le bilan national faisait état de 513 cas suspects, 32 cas confirmés et 131 à 136 décès probables, selon les données du ministère de la Santé et de l’INRB.
Jusqu’ici, les foyers étaient concentrés en Ituri, notamment à Mongbwalu et Rwampara, avec une extension vers Bunia, Nyankunde, Butembo-Katwa et Goma. La confirmation à Oicha marque une progression vers le sud du Nord-Kivu et rapproche l’épidémie des zones densément peuplées du territoire de Beni.
Contrairement au virus Ebola-Zaïre responsable des épidémies de 2018-2020, la souche Bundibugyo ne dispose pas encore de vaccin ni de traitement homologué. Selon l’Africa CDC, les équipes de riposte misent donc entièrement sur la détection précoce, l’isolement des cas et le respect des mesures de prévention.
Le Dr Kasereka Nzala Essai a rappelé à la population les gestes qui sauvent :
- Se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec un gel hydroalcoolique
- Porter un masque dans les lieux publics et les structures de santé
- Éviter tout contact physique : pas de poignée de main, pas de câlins, pas de contact avec les malades ou les corps
- Consulter immédiatement une structure de santé dès l’apparition de fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, vomissements, diarrhée ou saignements
« Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de survie augmentent. Les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux du paludisme, c’est pour ça qu’il ne faut pas attendre », a-t-il averti.
Les équipes de l’INRB et de la riposte provinciale ont déjà démarré l’investigation épidémiologique et le traçage des contacts autour du cas confirmé. L’objectif est d’identifier toutes les personnes ayant été en contact avec le patient pour les surveiller et les prendre en charge si nécessaire.
Les autorités sanitaires appellent la population au calme et à la collaboration. Elles rappellent que l’INRB reste l’unique laboratoire habilité à confirmer les cas d’Ebola en RDC.
*Wanzire Shukurani*

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