*Beni: Plus de 50 acteurs communautaires formés à l’alerte précoce, à la lutte contre la désinformation et la MVE grâce à l'appui de la MONUSCO à Oicha*

Une session de renforcement des capacités de trois jours s’est achevée ce jeudi à l’Institut Technique Médical d’Oicha "ITM". Une cinquantaine de membres des comités locaux de protection, observateurs citoyens de la protection civile et leaders communautaires y ont participé.

L’atelier était organisé par le Service des Affaires Civiles de la MONUSCO, en partenariat avec le Great Lakes Human Rights Program "GLHRP". Il visait à consolider les mécanismes communautaires d’alerte précoce et de protection dans le territoire de Beni, régulièrement affecté par les violences armées.

Pendant trois jours, les participants ont travaillé sur l’identification des signaux précurseurs de violence, la rédaction et la transmission de rapports d’alerte, les procédures de remontée d’information vers les autorités et les partenaires, ainsi que sur les techniques de négociation, de médiation et de plaidoyer.

L’objectif est de réduire le délai entre la détection d’un risque et la réponse des acteurs compétents. Les organisateurs rappellent que dans les zones rurales du Nord-Kivu, les communautés locales sont souvent les premières à observer les mouvements suspects et les tensions intercommunautaires.

« Nous allons produire des alertes conformes aux principes. Nous avons aussi acquis des compétences en négociation, médiation et plaidoyer, ce qui renforce déjà notre capacité », a indiqué un représentant des participants au nom du groupe.

Un volet important de la formation a porté sur la gestion de l’information et la lutte contre la désinformation, la mésinformation et les discours de haine. Les formateurs ont insisté sur la vérification des sources, la triangulation des données et l’analyse critique des contenus circulant sur les réseaux sociaux et via la téléphonie mobile.

Les participants ont adopté une déclaration commune appelant la population à vérifier les informations avant leur diffusion, à recouper les sources et à signaler les contenus malveillants. Ils estiment que la circulation de fausses informations exacerbe les tensions et freine les efforts de protection.

« Combattre la désinformation, les discours de haine et les rumeurs, c’est protéger des vies et préserver la cohésion sociale », ont-ils déclaré.

Selon le Service des Affaires Civiles de la MONUSCO, ces comités locaux constituent un maillon essentiel de la protection civile dans les zones où la présence des forces de sécurité est limitée et tardive. L’enjeu est désormais d’assurer leur connexion effective avec les autorités administratives, militaires et humanitaires afin de rendre les alertes opérationnelles.

Le Great Lakes Human Rights Program a souligné l’importance de documenter les violations des droits humains et de renforcer le dialogue structuré entre les communautés et les autorités.

Durant les travaux en groupes, les participants ont analysé ce qui fonctionne et les défis rencontrés par les fournisseurs d’alertes. Chaque groupe a formulé des recommandations spécifiques sur la négociation, la médiation et le plaidoyer pour améliorer l’impact de ces mécanismes sur le terrain.

La session s’est tenue dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans le territoire de Beni, marqué par des attaques récurrentes contre les civils dans plusieurs groupements, notamment dans la chefferie de Babila Babombi.

Elle s’est également déroulée alors que la région fait face à la 17ᵉ résurgence de l’épidémie de maladie à virus Ebola. Les organisateurs indiquent que l’atelier s’est tenu dans le strict respect des mesures barrières en vigueur.


*Wanzire Shukurani*

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