*Beni Les élèves de l’Institut Monseigneur Kahongya célèbrent la paix par la culture à Oicha*
Dans l’ombre des tensions qui pèsent sur Beni et ses environs, l’établissement catholique a choisi une réponse à contre-courant : répondre à la violence par la création. Sur scène, les élèves ont déployé un répertoire vivant : poèmes ciselés qui dénoncent et soignent, danses qui réveillent la terre, musiques qui tissent des liens, théâtre qui met à nu les maux de la communauté, art oratoire qui redonne aux mots leur poids.
Le message était double, mais cohérent. D’un côté, un appel aux femmes à se lever, à refuser d’être réduites au silence et à l’ombre. De l’autre, une invitation adressée à toute la communauté – jeunes, parents, leaders – à tisser l’unité comme rempart contre la fragmentation. Rien de didactique, tout de vécu. Chaque élève semblait habité par ce qu’il disait, comme si la scène était devenue un lieu de vérité.
Le public l’a senti. Les applaudissements n’étaient pas automatiques. Ils venaient après des silences denses, ces instants où une phrase, un geste, touche juste. Parents, enseignants, autorités locales : tous sont sortis de la salle avec autre chose qu’un souvenir de spectacle. Avec l’idée que la paix ne se décrète pas, elle se répète, se joue, se transmet.
Ce n’est pas la première fois que l’Institut Monseigneur Kahongya investit ce terrain. Dans une région où les écoles se comptent qui osent lier formation académique et engagement culturel, il fait figure d’exception. Ici, on forme des esprits, mais on sculpte aussi des consciences. On enseigne les matières, mais on cultive surtout le sens du commun.
Dimanche à Mambabeka, Oicha a eu sous les yeux une démonstration simple et forte : la culture, quand elle est assumée, devient un langage de résistance et de reconstruction. Les élèves de Monseigneur Kahongya n’ont pas seulement montré des talents. Ils ont rappelé que même dans la tourmente, il reste possible de créer, de rassembler, et de croire.
La salle s’est vidée tard. Mais les échos, eux, sont restés.
*Wanzire Shukurani*

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