Nord-Kivu : après le retrait de sa base à Mayimoya, la MONUSCO renforce la protection communautaire

Une session de renforcement des outils et mécanismes de protection des civils s’est tenue durant deux jours, les jeudi 18 et vendredi 19 décembre 2025, à Mayimoya Liva, dans le groupement Bambuba-Kisiki, secteur de Beni-Mbau, territoire de Beni, au Nord-Kivu. Cette activité est intervenue après la fermeture de la base locale de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et a été facilitée par la section des affaires civiles de cette mission onusienne.

Les travaux se sont déroulés dans la salle de réunions du centre de santé de Liva, réunissant les chefs des bases locales du groupement Bambuba-Kisiki, les comités locaux de sécurité, les représentants des forces vives ainsi que ceux des services de l’ordre et de sécurité.

Plusieurs thématiques ont été abordées, notamment la mise à jour du mandat de la MONUSCO en appui aux efforts de paix et de stabilisation dans le Grand Nord-Kivu. À cette occasion, les réalisations de la mission onusienne ont été passées en revue, notamment son appui au développement des entités locales, la construction d’infrastructures, ainsi que son soutien aux opérations des FARDC, sous la facilitation de l’inspecteur adjoint territorial Martin Paluku Bwanakawa.

« Nous avons vu la MONUSCO construire des toilettes, des bureaux, équiper certains services, installer des lampadaires sur les artères principales et secondaires, organiser plusieurs formations et appuyer les outils de sécurité, non seulement dans notre groupement Bambuba-Kisiki mais aussi dans d’autres entités », ont témoigné les participants.

Ils ont également rappelé que  même le jour où la MONUSCO a délocalisé sa base de Mayimoya, elle a laissé une tente à la communauté.

Le service des droits de l’homme de la MONUSCO est également intervenu pour expliquer le monitoring des violations des droits humains. Plusieurs participants ont indiqué avoir été éclairés sur les confusions qui existaient jusque-là.

« Nous sommes désormais capables de distinguer une violation des droits humains d’une simple infraction », a déclaré Kambale Kangakolo Gerlance, membre du Comité local de protection (LPC) de Mayimoya.

Et d'ajouter : « Nous savons qu’une violation des droits humains est commise par un agent de l’État censé protéger ces droits. Nous sommes maintenant en mesure d’assurer le monitoring et de remonter les alertes, car nous avons été formés. »

Les outils communautaires de protection ont été rappelés, notamment le LPC (Comité local de protection), le CLA (Assistant de liaison communautaire), le CPP (Plan de protection communautaire) et le CAN (Alerte du réseau communautaire), communément appelé numéro vert.

De son côté, le service de la protection civile du Nord-Kivu, à travers son coordonnateur Joël Ndagana, est revenu sur le rôle de cette institution étatique dans la gestion des incidents. Il a également évoqué son implication dans la phase de transition, en se référant à la feuille de route issue de l’atelier provincial tenu par la MONUSCO/CAS Beni en mai 2024, tout en énumérant les recommandations formulées pour garantir un départ réussi de la mission onusienne.

Par ailleurs, Janvier Kasereka Kasairyo a abordé les questions de désinformation, mésinformation, information malveillante, rumeurs et discours de haine, appelant les participants à prendre conscience des dangers liés à ces pratiques, qualifiées d’armes aussi puissantes que l’épée.

Pour les bénéficiaires, cet atelier est intervenu à un moment opportun, dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par la fragilisation des relations civilo-militaires, autorités-populations, ainsi que par une crise de confiance entre les communautés et les casques bleus de la MONUSCO, largement alimentée par la désinformation.

« C’est par ce genre d’actions que la MONUSCO aurait dû commencer. Aujourd’hui, nous comprenons mieux ce qu’elle est venue faire. Nous remercions les organisateurs et leur demandons de revenir régulièrement pour continuer à nous renforcer », ont conclu les participants.

Il convient de rappeler que ces séances se tiennent après le retrait des casques bleus de la MONUSCO de l’entité de Mayimoya, dans le but de renforcer les mécanismes locaux de protection des civils.

Wanzire Shukurani

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